ŒUF DU VENT

01 septembre • 29 septembre 2022

KATSUJI KISHIDA


La galerie Akié Arichi est heureuse de présenter des oeuvres de Kishida pour la huitième fois.



Katsuji Kishida est un sculpteur, né en 1937 à Tokyo, et installé à Paris en 1970. Ses sculpture sont une allure ascensionnelle et aspirent à la monumentalité, ramassées sur leur écorce crevassée et couturée, tressée de plaques parfois couronnées d’unités lamelliformes, arc-boutées sur une colonne vertébrale stabilisatrice: c’est toujours l’acier peint monochrome qui prête son épiderme fractionné aux combinatoires syncopées de KISHIDA. Entre ressacs structurels et géométrie régulatrice, tradition orientale et avancées occidentales, KISHIDA creuse sa propre route avec autorité, en traduisant ce qu’il ressent au plus profond de lui-même. En 2013, il a eu la Fondation Gianadda, Académie des Beaux-Arts, Institut de France.

KISHIDA est sculpteur sur métal. La galerie présente une vingtaine de sculptures d'acier, bronze, inox. Sa fascination pour le métal et la flamme continue depuis plus de 50 ans. « La couleur rouge des œuvres est voulue par Kishida. C’est la couleur de ce qui s’oxyde, couleur de la terre brune, du métal qui rouille et se décompose. Il y a chez l’artiste le refus affirmé d’utiliser l’inoxydable, signe pour lui d’un temps immobile, celui de l’éternité. Avec le rouge, au contraire, il interrompt le mouvement de la méditation zen et nous renvoie à la vision d’un état primordial de l’humanité, à un monde encore en-deçà du bien et du mal, où ne règnent que des processus naturels violents et où vivre et mourir ne sont qu’un seul et même phénomène. l’artiste a introduit entre l’extérieur et l’intérieur vide des œuvres.



Ce sont « les œufs du vent » nous dit-il, indiquant par là que cette vacuité dans laquelle le regard peut errer, est la seule façon de représenter l’existence d’une potentialité infinie, de germes donc, apportés par le vent auquel toutes les mythologies accordent un pouvoir fécondant, qu’il s’agisse du « souffle », du« pneuma » des stoïciens ou de l’«°esprit » dont parle Anaxagore ; germes où la vie sommeille encore, prise qu’elle est entre naissance et mort également possibles, et qui ne pourra se développer que par cette dialectique en triomphant de la pourriture. Enfin, voilà des œuvres fortement enracinées dans une pensée vitaliste et dans lesquelles on entend l’ample respiration de la nature, comme au premier matin du monde. » Extrait du texte de Fernand Fournier