TRAVERSÉES DE PAYSAGES

02 juin • 02 juillet 2022

CLAUDE GESVRET - MANU RICH - VINCENT VALLOIS

VERNISSAGE

JEUDI 02 JUIN À PARTIR DE 18H

La Galerie Akié Arichi est heureuse de présenter trois artistes français dans une exposition sous le signe de l’évasion.



Claude Gesvret né en 1952 et diplômé au école nationale des Beaux Arts de Paris.

"Le tableau achevé est pour moi un compromis entre une vulnérabilité qu'il faut aller chercher au fond de soi et sa réalisation par la mise en forme des émotions éprouvées. Il y a d’abord une référence à des représentations du tragique dans l'actualité du présent ou du passé puis une dialectisation avec des motifs classiques du quotidien (natures mortes, paysages, etc.). Le pur plaisir de peindre correspond alors pour moi avec la mise en tension et l’intégration dans les jeux plastiques de ces deux sources d’inspiration. Du coup cette intégration fait du tableau de façon métonymique, une réalité en soi, que j’éprouve quand survient dans le procès d’instauration, l’autonomie du geste pictural perçu alors comme une traversée, une distanciation d’avec les motivations du départ."



Manu Rich, né en 1962, Graphiste de formation.

Graphiste de formation, Manu Rich s’installe dans les années 90 au Danemark où il enseigne le dessin et s’adonne à l’illustration de livre. Prenant goût à la peinture, il éprouve une attraction pour la figure et le geste qui le fait se rapprocher des courants néo fauves allemands et de la bad painting.De retour en France, la décennie suivante, sa peinture se réorganise. Ferraillant avec une matière picturale plus complexe, la figure, de plus en plus stylisée se désincarne.« Il se sert de l’abstraction pour substituer une figuration à une autre », dit-il. Il puise un effet plastique de l’affrontement entre acrylique et huile. Tantôt épaisse et brillante, fluide et transparente, sa matière picturale est un grimoire dans lequel il imprime des fragments de ciels glauques et menaçants, des éclats de paysages de ruines, des bribes d’évènements, des débris de lieux et de personnes et les particules de poésies qui accaparent son esprit. C’est une peinture du passage, de la traversée entre le mental de l’artiste et son monde extérieur, restitué « à travers le bouillard sonore du quotidien ».Composées dans un environnement musical, les toiles de Manu Rich font apparaître des paysages fugaces, altérés par la vitesse et le rythme. C’est une abstraction poussée aux confins du paysage !



Vincent Vallois, né en 1957, diplômé de l’école des arts Décoratifs de Paris

Si sa peinture est une fenêtre ouverte sur le monde, elle demeure à demi voilée sous l’effet d’un scintillement lumineux, de vibrations colorées et surtout du gauchissement de l’air amalgamé à la toile plane ou parfois au métal, support autrefois utilisé par les maîtres hollandais pour faire franchir à la peinture les vastes océans, sans trop d’altération. C’est ainsi que l’on entre dans l’étonnant carnet de voyage de Vincent Vallois, l’œil s’habituant par degrés à la fluidité des paysages japonais, à l’âpreté minérale de Vulcano, à la violence géologique des îles éoliennes ou encore aux mille autres visages des terres de Sienne. Ce n’est point une tâche facile que d’isoler et de stabiliser les éléments indécomposables de notre champ de vision, et surtout de reconnaître qu’on les a réellement atteints, au sein des métamorphoses perpétuelles de la matière. Dès ses débuts, Il a pratiqué une abstraction colorée, aux surfaces fortement structurées, dans une austérité proche de Nicolas de Staël. Mais son passage dans l’atelier de Robert Lapoujade à l’Ecole des arts décoratifs de Paris, puis l’estime réciproque de son aîné Édouard Pignon lui ont permis de tempérer cette rigueur en lui inspirant une série sur les baigneuses aux corps fluidifiés. Ses recherches convergent désormais vers une capture bienveillante de la morphologie toujours changeante du réel pour mieux instruire l’anatomie de la peinture. Dans ses plus récentes recherches, le recouvrement des surfaces peintes par de la résine semble aussi trahir une réflexion sur l’héritage pictural flamand. Sylvie Acheré